En refusant
d'admettre la pertinence des résultats du protocole
Concorde, qui démontra clairement
que l'AZT en monothérapie n'avait aucun effet chez
les personnes séropositives asymptomatiques (cf.
Sida Tout Va
Bien N°14,
1993), on avait eu un avant goût des stratégies
de marketing utilisées par la firme pharmaceutique
Wellcome.
Mais comment qualifier les
managers de ce laboratoire, depuis racheté par Glaxo,
quand on apprend en 1996 qu'ils proposent de fournir de
l'AZT à l'Afrique. Certains penseront qu'il s'agit
d'une démarche humanitaire ; ce n'est malheureusement
pas le cas puisqu'en Occident, depuis 1996, il est admis que
l'AZT en bithérapie, et de surcroît en
monothérapie, a très peu d'effets
bénéfiques et que parmi les
thérapeutiques officielles, des progrès
conséquents viennent enfin de se produire avec
l'avènement des trithérapies en
complément des prophylaxies. Donc, pour
résumer : on fourgue l'AZT à l'Afrique sous le couvert d'une action
humanitaire puisque le marché de l'AZT est en train
de s'épuiser en Occident, et que ce n'est pas demain
la veille que l'Afrique bénéficiera des
trithérapies !
Comment peut-on encore
autoriser légalement de telles stratégies de
marketing ?
Que penser aussi de l'affaire du
1592 U 89 ?
C'est un inhibiteur de la
reverse transcriptase autour duquel plane une rumeur : il
serait plus efficace que l'AZT, le ddI, le ddC, et
même que le D4T et le 3TC, et sans effets secondaires.
Malgré la pression d'associations américaines
et maintenant françaises*, Glaxo-Wellcome a indiqué
que les résultats obtenus avec ce médicament
sont encore trop préliminaires pour qu'il devienne
accessible aux patients ! Même le Wall Street Journal
s'est offusqué de cette position !
Certains pensent que, tant
que le 3TC continuera de donner des résultats
satisfaisants dans le cadre des trithérapies
(notamment en association avec le D4T et l'indinavir),
Glaxo-Wellcome ne développera pas le marketing du
1592 U
89 !
Une autre
hypothèse, tout aussi scandaleuse, serait que cette
firme aurait orchestré toute cette rumeur autour d'un
médicament dont les effets ne seraient
peut-être pas si spectaculaires. Et ce, de
façon à appâter notamment les patients,
les associations de malades et les responsables
gouvernementaux.