La promotion de la
vaccination contre l'hépatite B,
développée depuis plus d'un an, a
déclenché un vent de panique au sein de la
population française. Elle a, de plus,
occasionné des comportements irrationnels sur la base
d'extrapolations scientifiques discutables, et qui ont
méconnu un article scientifique [2] inquiétant publié il
y a plus de sept ans (Beljanski M., Terminal
desoxynucleo-tidyl transferase and ribonuclease activities
in purified hepatitis-B antigen. Med. Sci. Res., 1987, 15,
529). Le rapprochement des résultats de cet article
avec ceux d'un autre article [16] paru récemment (De Stefano
J-J., Quantitative analysis of RNA cleavage during
RNA-directed DNA synthesis by HIV and AMV reverse
transcriptases. Nucleic Acids Research., 1994, 22 (18),
3793) nous a conduit à réexaminer les
similitudes existant entre le virus de l'hépatite B
et celui du Sida.
En effet, des personnes
qui ne présentaient aucun risque d'être
contaminées par ce virus se sont
précipitées pour se faire vacciner. Ce fut le
cas de couples stables, et même de gens qui n'avaient
pas de rapports sexuels (Sauveur Boukris, Président
du Comité français pour l'adolescence sur Fun
Radio, cité par A. Bourguignon dans Libération
du 10 novembre 1994). L'idée de départ de la
campagne de promotion de ce vaccin a été que,
comme le virus de l'hépatite B (VHB) se transmet par
le sang, mais aussi par voie sexuelle, il fallait cibler en
priorité les adolescents parce qu'ils ont l'âge
des premiers rapports sexuels. Déjà, cette
idée pouvait paraître ambiguë. En effet,
ces adolescents sont aussi exposés au risque
d'être contaminés par le virus du Sida, dont la
prévention repose sur l'utilisation du
préservatif dans certaines situations (nouveau
partenaire sexuel ou partenaires multiples). S'il faut donc porter
impérativement un préservatif dans ces
situations pour éviter d'être contaminé
par le virus du Sida, cela permet aussi de se
protéger efficacement contre le VHB (cela n'a pas toujours
été mentionné dans les dépliants
de la campagne de vaccination contre le VHB) ! À cet
égard, cette vaccination serait donc superflue ! De
plus, des médecins ont pu constater que des personnes
vaccinées croyaient alors que le préservatif
n'était plus nécessaire (il s'agit
probablement de cas peu nombreux ; mais on sait qu'une seule
personne, porteuse du virus du Sida, peut devenir une
véritable bombe, par transmissions successives du
Sida ; ce qui peut être le cas si la personne n'a pas
fait de test, ou si elle n'applique pas les mesures de
prévention) ! Ou comment une prévention (celle
contre le VHB) peut en chasser une autre : celle contre le
Sida ! Donc, cette politique vaccinale de prévention
contre le VHB en direction des adolescents ne semble pas
fondée, et même dangereuse en raison de
l'épidémie du Sida si, chez certains, elle contrecarre
la prévention du Sida par le
préservatif.
Comment donc expliquer que
les ministres de la Santé aient décidé
de promouvoir cette campagne, et qu'elle ait pu
déclencher un tel vent de panique ? Le Sida avait
déjà créé un vent de panique,
qui s'est trouvé majoré récemment en
raison de l'accroissement, maintenant inexorable, du nombre
de personnes contaminées sur la planète par ce
virus, et à la suite de l'annonce de l'échec
de la mise au point d'un vaccin contre le Sida pour
protéger les personnes encore saines. À partir
de ces faits, on a l'impression que la peur du Sida s'est
transférée (au sens freudien du terme) sur
tout ce qui s'appelle VIRUS, et en particulier sur le VHB
contre lequel on aurait, au moins, la chance (?) d'avoir un
vaccin !
À ceci, il faut
ajouter une autre explication : si, à
côté de la forme aiguë, grave, fulminante,
l'hépatite B peut certes devenir une maladie
chronique agressive, il y a un autre virus qui n'a rien de
commun avec le VHB (virus classiquement dit à "ADN")
hormis ses modes de transmission et ... son nom
("hépatite"), et dont l'ampleur du nombre de
personnes atteintes et la gravité est sans commune
mesure : il s'agit du virus de l'hépatite C (virus
à ARN comme le virus du Sida). Comme l'écrit
Régis Pluchet dans l'Impatient d'octobre 1994 :
"contrairement aux déclarations officielles,
l'hépatite B n'est donc pas un problème
infectieux majeur en France" justifiant l'extension de cette
vaccination, à la différence de
l'Afrique et de l'Asie, où se trouvent la
majorité des personnes ayant une hépatite B
chronique, et qui risquent donc, dans 20 à 30% des
cas, de développer, à distance, un cancer du
foie. Précisons que seule une couverture d'au moins
80% de la population mondiale permettrait d'espérer
une réduction réelle de ce risque...
Ce qu'il faut savoir,
c'est que les fondements de l'incitation à la
vaccination systématique des populations contre
l'hépatite B ne reposent en aucun cas sur une
démonstration scientifique, mais uniquement sur un raisonnement de
pure logique.
Des études
menées en Afrique et aux États Unis ont
montré que la vaccination ciblée sur les
personnes les plus à risque d'être
contaminées par l'hépatite B (professions
médicales, polytransfusés, toxicomanes,
homosexuels, etc.) ne diminuait en aucun cas la
fréquence du risque d'hépatite chronique
agressive dans la population (on a même trouvé,
dans certaines de ces études, une augmentation des
nombres de cas d'hépatites aiguës fulminans !).
On en a donc conclu que cela s'expliquait par le fait que le
VHB était très répandu dans les
populations, et, en raison de son pouvoir
élevé de contamination, on en a alors
déduit qu'il fallait pratiquer des
politiques de vaccination systématique des
populations, afin d'espérer réduire
l'incidence de la fréquence des hépatites
chroniques agressives dans les populations.
D'autre part, cette
politique de vaccination systématique est
vouée d'emblée à l'échec
puisque, pour des raisons économiques, certains pays
ne pourront pas financer cette vaccination
systématique des populations. C'est notamment le cas
des continents où la fréquence du risque
d'hépatite chronique agressive est le plus
élevé, à savoir l'Afrique et, surtout, l'Asie. Pour les pays qui pourront
financer ces programmes de vaccination systématique,
on peut certes espérer diminuer cette
fréquence, mais rien, actuellement, ne peut le
prouver. En raison des échanges existant entre les
différents continents (notamment tourisme, migrations), cela nous semble peu probable.
Alors, on pourrait justifier cette politique en indiquant
que cette vaccination permettra, au minimum, d'assurer une
protection individuelle. Faut-il rappeler alors qu'une
politique de vaccination systématique ne se justifie pas dans la
protection individuelle qu'elle peut apporter ; mais elle
ne se justifie que si l'on a démontré qu'elle
permet de réduire, pour une maladie donnée,
l'incidence de la fréquence des conséquences
graves qui ont une prévalence significative dans la
population. L'exemple en est la tuberculose pour laquelle il
a été prouvé que le témoin de
l'incidence des formes graves est la méningite
tuberculeuse chez le nourrisson. La diminution de
l'incidence de ces méningites au delà d'un
certain seuil, a conduit, il y a quelques années,
certains pays à ne plus rendre cette vaccination
systématique (précisons que la recrudescence
récente des cas de tuberculose sur la planète
concerne surtout les personnes infectées par le virus
du Sida, et est due surtout à des
mycobactéries atypiques, et non pas au BK, la seule
forme de tuberculose contre laquelle un vaccin est
disponible). La protection individuelle contre le VHB,
obtenue dans le cadre d'un programme systématique, ne
se justifie donc pas, et de plus, en raison de la
fragilité actuelle de notre système de
protection sociale, cela nous semble un poids excessif pour
la Sécurité
Sociale.
Actuellement en France,
plus de deux
millions de
personnes ont été contaminées par
l'hépatite
C (VHC) à
l'occasion de transfusions sanguines. On estime que ce
virus, qui peut évoluer, comme le virus du Sida,
pendant des années sans aucun symptôme, sera
responsable, dans 20% des cas, de cirrhoses et de cancers
du foie. Ce n'est que depuis le 1er mars 1990 que son dépistage
est obligatoire dans les banques de sang. Ce n'est certes
que depuis 1990 qu'un test de dépistage du VHC a
été mis au point, mais, dès 1979, un
test indirect (Néoptérine), dont on a
négligé la portée, permettait de
dépister cette hépatite que l'on connaissait
à l'époque sous le nom d'hépatite
non-A, non-B (H. Wachter cité par G. Maurisson in
Entretiens du Centre Europe, Paris, 1988). En janvier 1993,
un rapport officiel (Pr Micoud) tirait la sonnette d'alarme
; mais ce n'est que récemment, après une
période durant laquelle on a tenté de
minimiser la portée de cette nouvelle
épidémie, que l'on a commencé à
parler de situation catastrophique.[1] Et ces chiffres ne tiennent pas
compte des 80% de personnes, parmi les 300 000 toxicomanes,
qui ont été contaminés par des
seringues souillées par ce virus, et probablement
aussi par transmission sexuelle. Alors, que penser de
l'amalgame qu'ont fait certaines personnes
entre le VHC et le VHB ? Des gens vaccinés contre le
VHB ont eu l'impression d'être aussi vaccinés
contre... le VHC ; alors qu'il n'existe malheureusement pas
de vaccin contre le VHC ! D'autres, et notamment des
pharmaciens et des médecins, auraient aussi
colporté cette désinformation que le virus du
Sida, ainsi que le VH, pouvaient se transmettre par la
salive ; le simple
baiser devenant, d'un coup de baguette "magique", une voie
soi-disant prouvée de transmission des virus du Sida
et du VHB* (dans certains
cas, cette désinformation peut découler d'une
interprétation erronée des patients ; elle
traduit, en tout cas, un discours inadapté du corps
médical pour diffuser correctement des informations
médicales). Mais cet amalgame n'a-t-il pas
été entretenu pour promouvoir... la
vaccination contre le VHB à grande échelle ?
De même, cette promotion vaccinale n'a-t-elle pas
été conçue pour essayer de masquer,
encore quelque temps, la réalité de
l'épidémie due au VHC et de repousser le plus loin
possible le moment où il faudra traiter plus de
400
000 personnes
(formes chroniques agressives) par interféron (ce
n'est pas un traitement miracle de l'hépatite C, mais
dans certains cas, cela permet de stopper la multiplication
du virus ; ce que l'on cherche encore
désespérément pour le Sida) ? Il faut
savoir que ce traitement est actuellement distribué
au compte-gouttes, car il coûte excessivement cher
à l'Assistance Publique.
Dernière
hypothèse : cette manne issue de la pléthore
vaccinale n'a-t-elle pas été orchestrée
pour pallier l'insuffisance dramatique du montant des
subventions de l'État allouées à la
recherche sur le Sida ? Cette recherche coûte
très cher, et elle est souvent laborieuse, alors
qu'il serait urgent de trouver un traitement. Certains
projets de recherche (en nombre encore limité) ont
été accélérés et, par
malchance, certains, comme la mise au point d'un vaccin
contre le Sida, se sont révélés des
impasses dangereuses qui ont engouffré des sommes
pharamineuses, au détriment d'autres axes de
recherche (comme la THA, la baïkalein, certaines
vitamines, des plantes, etc.).
Enfin, nous venons de
trouver un article scientifique sur ce sujet, paru en
1987, et dont il semble que ceux qui ont
déclenché les campagnes pour promouvoir la
vaccination contre le VHB, et en particulier les
laboratoires pharmaceutiques,** n'aient pas tenu
compte. On peut aussi se demander si, comme dans l'Affaire
du sang contaminé par le virus du Sida, les
conseillers médicaux n'ont pas fourni suffisamment
d'informations à ce sujet à nos ministres de
la Santé ? Cet article [2] montre que tous les vaccins contre
le VHB contiennent des enzymes, dont certaines
(TdT) peuvent induire la
synthèse de segments aberrants d'ADN (l'ADN, qui est
contenu dans les chromosomes des cellules, contient
l'information génétique), et d'autres
(Ribo-nucléases) peuvent dégrader l'ARN des
cellules des personnes vaccinées (ce sont d'autres
acides nucléiques, qui assurent notamment la
transmission de l'information génétique).
Qui dit fragments
d'ADN aberrants, dit mutation possible, et donc risque
d'effets cancérigènes à moyen ou long
terme. Il en est de même de la libération de
fragments d'ARN dont l'activité devient alors
incontrôlable par le programme génétique
de la personne vaccinée.
L'association POSITIFS
exige donc que nos autorités sanitaires se penchent
enfin sur ce risque, et que les vaccinations contre
l'hépatite B soient suspendues tant que la
lumière n'aura pas été faite sur ce
dossier.
Il faut se demander si ces
enzymes correspondent à une contamination des vaccins
survenue lors de leurs préparations, hypothèse
évoquée par Jean-François Lacronique de
l'Institut Pasteur (Sida, le silence radio des journalistes,
Médecines Nouvelles, 1993, 4(2), 5), ou s'il s'agit
(ce qui semble plus probable), d'un constituant inséparable de
... l'antigène B du virus.
En fait, il a
déjà été démontré
en partie que ces enzymes font partie intégrante du
VHB ; ce qui constitue donc pour nous un argument
supplémentaire pour arrêter
immédiatement la promotion de la vaccination contre
le VHB. En effet, parmi les six domaines constituant le
génome (code génétique) du
VHB,[3] l'un d'entre eux code pour
l'enzyme ADN polymérase, mais aussi pour une
ribonucléase (RNase H). Concernant l'enzyme TdT
(Terminal desoxynucleotidyl transférase), elle n'est
a priori pas inclue dans les quatre domaines du
génome du VHB qui ont été les plus
explorés jusqu'à présent. Cependant, on
peut se demander si cette enzyme ne pourrait pas être
codée, soit au niveau des deux derniers domaines du
génome du VHB, dont les fonctions demeurent
inconnues,[4] soit au niveau du domaine de l'ADN
polymérase codant pour la protéine X, dont les
fonctions ne sont encore que partiellement
identifiées (cf. infra).
Toujours est-il que la
RNase est donc bien
un constituant du VHB.[5] Ce qu'il faut savoir aussi, c'est
que le domaine du génome codant pour l'ADN
polymérase (et donc pour la RNase) constitue la plus
grande partie du génome du VHB. De plus,
contrairement aux génomes de la plupart des cellules,
le génome du
VHB n'a pas de codons stop pour séparer ses
différents domaines. Ceci fait que le domaine codant
pour l'ADN polymérase chevauche les domaines codant pour
l'antigène C, et surtout pour l'antigène S et
la protéine X. On peut alors supposer qu'en
prélevant la partie du génome codant pour
l'antigène S à l'occasion de la fabrication
des vaccins, on intègre aussi celui de l'ADN
polymérase, en totalité ou partiellement.
Dans l'immédiat, la
question à se poser est de se demander si la
vaccination contre le VHB, en elle-même, apporte une
quantité suffisante de ces enzymes pour que les
fragments d'ADN et d'ARN deviennent dangereux pour les
personnes vaccinées. La réponse est d'autant
moins aisée à donner qu'un effet
mutagène donné peut n'entraîner une
pathologie cancéreuse qu'à moyen ou long
terme, et que, dans ce cas, il est très difficile de
rattacher ces pathologies à leur cause,
plusieurs dizaines
d'années après. Il ne faut pas oublier qu'il
s'est passé plus de vingt ans avant que le
distilbène ne soit incriminé dans la
genèse de certains cancers. Dans l'état actuel
des connaissances, on peut seulement supposer que
ce risque serait
majoré dans des situations qui feraient
apparaître aussi ces enzymes, qui s'ajouteraient
à celle de la vaccination contre le
VHB.
Il importe donc de
déterminer toutes les autres causes
éventuelles d'augmentation de ces enzymes afin, d'une
part de contre-indiquer formellement à certaines
personnes la vaccination contre le VHB, d'autre part
d'explorer rapidement ce risque mutagène chez ces
personnes qui cumulent plusieurs causes d'augmentation de
ces enzymes, et enfin d'envisager, si possible, des
traitements.
Nous envisagerons huit causes.
La
première cause d'augmentation du nombre de ces
enzymes serait réalisée chez des personnes,
vaccinées contre le VHB, qui auraient
été en contact auparavant avec l'HBV,
notamment à l'occasion d'une infection par ce virus
qui, dans 70% des cas, reste asymptomatique. Ainsi qu'en témoigne la
présence de l'anticorps anti-HBs, un grand nombre de
personnes aux États-Unis sont dans cette situation :
70% parmi les homosexuels mâles, 90% parmi les
toxicomanes, 90% parmi les transfusés, 90% parmi
les ressortissants du Sud-Est Asiatique, 20% parmi les
dialysés, 15% parmi les professions de santé,
avec, pour la population générale, un
pourcentage de 5%.[6] Notons déjà, au
passage, que les trois premiers groupes correspondent aussi
à ceux qui ont été les plus
touchés par l'épidémie de Sida.
Rappelons qu'il y a quelques années, on avait
conseillé aux médecins d'étudier, au
préalable, l'immunité vis-à-vis du VHB
des personnes qu'ils allaient vacciner, afin d'éviter
de vacciner des porteurs chroniques (antigène HBs
positif), ou des personnes suffisamment immunisées
(anticorps anti-HBs et anticorps anti-HBc positifs). Avec le
temps, et probablement aussi pour des raisons
économiques, cette pratique s'est
raréfiée. Ce qui apparaît aujourd'hui
comme bien dommage car cela aurait pu limiter l'effet
délétère supposé de ce vaccin
vis-à-vis de certaines personnes.
La deuxième cause serait réalisée chez
des personnes qui se feraient vacciner alors qu'elles
viendraient d'être contaminées par le VHB, mais
qui ne présenteraient pas encore de symptômes.
La phase d'incubation dure en effet, en moyenne, 75
jours, avec des extrêmes qui peuvent aller de
40 à 140 jours. L'antigène HBs,
l'antigène HBe et l'ADN du VHB peuvent même
n'apparaître dans le sang qu'après une
période silencieuse qui peut aller jusqu'à
sept mois.[7]
La troisième cause d'augmentation du nombre des
enzymes TdT et RNase serait réalisée à
l'occasion de la contamination par le VHB de personnes
déjà vaccinées ; contamination par voie
sanguine et, surtout pour les pays occidentaux, par voie
sexuelle, qui sera
suivie d'une destruction du VHB (effet positif du vaccin),
mais qui s'accompagnera aussi d'une libération de ces
enzymes !
Les cinq autres
causes correspondent aux causes d'augmentation de ces
enzymes qui ne sont pas directement liées, a priori,
au VHB. Pour l'enzyme TdT, nous en citerons trois autres
causes. Tout d'abord sa présence a été
décrite au niveau du cerveau.[8] Ses propriétés
physiques, moléculaires et même son
antigénécité sont similaires à
la TdT décrite au niveau du thymus et au niveau de
cellules leucémiques (Acta haemat., 1985, 73, 124).
Cela signifierait donc que tout le monde en héberge
déjà dans des proportions certes,
peut-être, variables. L'activité de la TdT a
aussi été trouvée au sein d'anticorps
monoclonaux anti-cytomégalovirus
produits par
hybridome (Beljanski M. non publié). La plupart des
personnes atteintes du Sida ont des anticorps
anti-cytomégalovirus. Cette prévalence
élevée se retrouve aussi chez les
homosexuels de sexe masculin (90 à 95%), comparativement à celle
d'hétérosexuels d'âge comparable, qui n'est
d'ailleurs pas négligeable puisque de 50 à 60%.[9] D'un point de vue
général, la plupart des primo-infections dues
au cytomégalovirus (CMV) sont asymptomatiques, et ne
se traduisent que par l'apparition d'anticorps anti-CMV non
protecteurs. Entre 0,3 et 2% des nouveau-nés font
une primo-infection congénitale.[10] La source de l'infection
périnatale est la présence de virus dans les
sécrétions génitales maternelles, ou
dans le lait maternel.[11] Après l'infection
périnatale, l'excrétion virale dans les urines
et la salive continue pendant plusieurs années,
rendant possible la transmission au cours des jeux
collectifs, à l'occasion du partage de jouets
contaminés par la salive.[12] Le virus peut ensuite être
transmis aux parents. La transmission intrafamiliale du CMV
a été prouvée, notamment dans les
groupes socialement défavorisés. Aux
États-Unis, 40% des jeunes adultes ont
été infectés par le CMV. Cette
prévalence s'élève de 1% par année
d'âge, jusqu'à la moitié de la
sixième décade.[13] La réactivation d'une forme
latente d'infection à CMV survient en
général de façon asymptomatique et
constitue un moyen important de dissémination
horizontale. L'infection peut devenir symptomatique en cas
d'immunodéficience induite par un état
pathologique ou par des médicaments
(transplantés, chimiothérapies
anticancéreuses, Sida).
Enfin, l'enzyme TdT a été décrite au
sein des rétrovirus
[14-15] à une époque
où le virus du Sida n'avait pas encore
été découvert. On peut donc se demander
si l'activité de cette enzyme ne pourrait pas
être présente au sein du virus du Sida (cf. infra).
En ce qui concerne la
RNase
H, nous citerons
deux autres causes possibles de l'augmentation de son taux
dans l'organisme. Tout d'abord, l'activité de cette
enzyme est décrite au niveau du cerveau, mais,
contrairement à la TdT, son action à ce niveau
est transitoire, puisqu'elle intervient uniquement lors de
la formation du cerveau au stade embryonnaire du
développement de l'être humain. On vient
surtout de démontrer que l'activité de la RNase H est
une propriété intrinsèque de l'enzyme
reverse transcriptase du virus du Sida.[16] De plus, ces auteurs ont
montré que le nombre des fragments d'ARN apparaissant
simultanément au cours de la synthèse de l'ADN
virale était beaucoup plus élevé que
dans le cas de la transcription inverse du virus de la
myéloblastose aviaire (AMV), qui possède aussi
une activité RNase intrinsèque. Comme les
RNases sont ubiquitaires, il faudra donc aussi rechercher
d'autres causes d'augmentation significative des RNases
H.
Dans l'optique d'un risque
mutagène nettement favorisé par
l'accroissement de ces enzymes par des causes dont certaines
sont excessivement répandues (prévalence
élevée de l'anticorps anti-HBs,
caractère asymptomatique des hépatites B dans
70% des cas, incubation du VHB pouvant être de
plusieurs mois, permanence de l'enzyme TdT au niveau du
cerveau, prévalence élevée des
anticorps anti-CMV, ubiquité des RNases, etc.), le
bénéfice de la vaccination contre le VHB nous
paraît maintenant bien limité, en tout cas pour
les pays industriels.
La présence de
l'enzyme TdT au sein des rétrovirus et des anticorps
anti-CMV, qui sont présents chez la plupart des
personnes atteintes du Sida, la présence de RNase H
au sein même du virus du Sida nous conduit donc
maintenant à envisager la similitude qui existe entre le VHB et le
principal agent causal du Sida actuellement reconnu : le
virus de l'immunodéficience humaine (VIH).
Classiquement, on
décrit le VHB comme un virus de type ADN. En fait,
cela est inexact. En effet, le VHB constitue une
exception, puisque c'est un virus à
ADN, mais aussi
à ARN : ce
virus, qui est un des plus petits virus connus,
présente un haut niveau de compaction (densité
de l'information génétique) avec, cependant,
une grande
capacité de codage du fait de l'utilisation multiple
d'une même séquence de codage. Il a une
conformation circulaire qui comprend, pour une moitié
un ADN double brin, et pour l'autre un ADN monobrin de
longueur variable, dont l'extrémité se termine
par un ARN de type messager formé de 18 bases. De
plus, le domaine de son génome codant pour l'enzyme
ADN polymérase contient une région qui
chevauche les
régions S, X et C, et qui code pour une reverse
transcriptase,
enzyme caractéristique des rétrovirus (virus
à ARN) et en particulier du VIH. Elle comporte les
éléments de séquences, qui sont
hautement conservés chez toutes les transcriptases
inverses connues. En amont, se trouve la région
codant pour la RNase H, qui sert donc à
séparer les hybrides ARN-ADN correspondant à
l'ADN synthétisé à partir de l'ARN,
avec la reverse transcriptase. Le VHB appartient donc en fait aux
Hépadénavirus, qui se répliquent par
transcription inverse.[17] Avec les virus des plantes de la
famille des caulimovirus, ils peuvent donc être
groupés dans la famille des rétrovirus et,
d'une certaine manière, on peut les rapprocher des
rétrotransposons. Signalons aussi que le VHB peut
infecter d'autres cellules que les hépatocytes et
notamment, comme le VIH, les lymphocytes T4 et
T8.[18]***
Cette similitude se
poursuit quand on étudie le gène X du VHB, qui
code pour une protéine du VHB.[19] En effet, in vitro,
elle active la
transcriptase du VHB, mais aussi celle du
VIH,[20] ainsi que les gènes qui
interviennent dans la régulation de la croissance
cellulaire (c-myc,
c-fos). Elle
présente aussi des analogies avec des
protéines d'autres virus, comme celles qui sont
codées par le gène EIA de l'adénovirus,
par le gène pX du rétrovirus HTLV-1, ou encore
par le papillomavirus E6/7. Toutes ces protéines
agissent sur les gènes cellulaires, ainsi que sur les
autres gènes viraux, pour activer la transcription
virale. En l'absence d'un cycle complet de
réplication, cela peut contribuer au processus
d'oncogenèse dans la cellule
infectée.[21]
Tout comme le VIH, les
propriétés oncogènes de l'HBV sont bien
connues. Plusieurs études ont en effet montré
que l'infection par le VHB est étroitement
liée au développement des cancers primitifs du
foie chez les personnes porteuses de l'antigène
HBs.[22] Cette propriété
oncogène a aussi été décrite
pour les autres Hépadénavirus. Parmi les
quatre autres connus, hormis celui du héron gris
découvert récemment, ceux de la marmotte
d'Amérique, du canard de Pékin et de
l'écureuil ont été
étudiés en détail. Un tiers des
marmottes infectées développent un cancer
primitif du foie qui débute dès la
première année, alors que les lésions
histologiques du foie sont encore celles d'une
hépatite aiguë banale. Les canards de
Pékin, devenus porteurs chronique par inoculation
virale dès la naissance, développent tous,
deux ans plus tard, un cancer primitif du foie. Au nord de
Shanghai, dans le district de Qidong, la cause majeure de
mort naturelle du canard domestique de plus de cinq ans est
aussi le cancer primitif du foie, dont la prévalence
chez l'être humain est particulièrement
élevée dans cette région. Plus de la
moitié des canards domestiques de cette région
sont porteurs du virus de l'hépatite B du canard et
l'intégration de l'ADN de ce virus dans l'ADN des
cellules du cancer primitif du foie a été
démontrée. Notons aussi que les cancers de la
vésicule biliaire et des voies biliaires seraient
plus fréquents chez les porteurs chroniques de
salmonelles.[23] Cela pourrait-il s'expliquer par
l'action des RNases ? Or, récemment, des auteurs ont
trouvé une très forte corrélation entre
l'augmentation de l'incidence des toxi-infections
alimentaires par salmonelle enteritidis PT4 en plusieurs
endroits de la planète en 1980, et les cas
d'infection à VIH.[24] Cette salmonelle est connue pour
pouvoir induire des modifications génétiques
rapides et des transductions
bactériophagiques.
Cette similitude entre la
structure du VHB et du VIH, et en ce qui concerne leurs
pouvoirs oncogènes, est d'autant plus frappante quand
on se souvient que plusieurs cohortes, comprenant en
majorité des homosexuels et des bisexuels, ont
été constituées aux États-Unis
entre 1978 et 1980 pour tester le premier vaccin contre le
VHB. À la suite des docteurs R-B Strecker et A.
Cantwell, qui avaient émis l'hypothèse d'une
contamination des homosexuels par le VIH au cours de ces
essais vaccinaux (Médecines Nouvelles, 1992 3(4),
16-19), nous rappelions que 70% des 6 875 personnes de la
cohorte de San Francisco constituée à la fin
des années soixante-dix, étaient, en avril
1987, infectées par le
VIH.[25] Même en tenant compte du
fait que ces personnes avaient des pratiques sexuelles qui
se sont révélées être à
risque de transmission du VIH, on était surpris de ce
pourcentage massif de contamination ; d'autant plus que l'on
sait que, contrairement à la voie sanguine, le risque
de transmission du VIH par voie sexuelle n'est pas de 100 %,
mais est estimé entre 9 et 60%.[26] Aujourd'hui, l'hypothèse de
la contamination par le VIH du vaccin contre le VHB nous
semble dépassée, et nous pensons que le VHB
est peut être, en fait, un cofacteur majeur du VIH.
Précisons que, parmi toutes les cohortes participant
aux États-Unis à l'étude du vaccin
contre le VHB en juillet 1979, celle de San Francisco avait
le plus haut taux de marqueurs sanguins de l'hépatite
B : 75%. Ce chiffre rejoint ceux cités plus haut,
concernant la prévalence des anticorps anti-HBs au
sein de la population américaine, et
particulièrement pour les homosexuels (70%), les
toxicomanes (90%) et les transfusés (90%).
Le VHB pourrait donc
être un des cofacteurs majeurs du VIH ;
peut-être même celui qui aurait fait que le VIH
serait devenu pathogène pour l'être humain, par
mutations. Encore plus déconcertant serait d'avancer
qu'un si petit virus ait pu contenir, en son sein, la
matrice du VIH qui, par mutation, aurait pu devenir ensuite
le VIH complet. Cette hypothèse insensée est
à rapprocher des résultats d'une étude
récente qui a détecté l'ARN du virus de la
rage dans des
vaccins contre la rubéole, la
rougeole et les oreillons, sans qu'il y ait eu contamination
de ces vaccins.[27]
Cette hypothèse est
à rapprocher aussi de l'apparition de
rétrovirus observée au cours de l'induction
des tumeurs rénales chez les hamsters par du
distilbène.[28] Nous avions avancé
l'hypothèse d'une mutation causale induite par le
distilbène, qui aurait provoqué
l'apparition, de novo, d'un rétrovirus par
autonomisation d'un fragment d'ARN du patrimoine
génétique.[29] Ce que l'on peut se demander
maintenant, c'est si ce hamster n'hébergeait pas
aussi un HBV, ou un autre Hépadnavirus. Ceci nous
amène à envisager qu'une matrice du VIH, ou un
VIH encore non pathogène pour l'être humain,
aient pu subir des mutations à partir, soit de
l'action de cofacteurs chimiques comme le distilbène,
ou la dioxine,[30] ou infectieux, soit de
transformations induites par le VHB lui même, soit, ce
qui semble le plus probable, d'une action conjointe. Dans
tous les cas, apparaissent alors des ARNs de petite
taille qui
pourraient transformer une cellule donnée en un
transformant qui présenterait de nouvelles
caractéristiques biochimiques et physiques stables.
Dans le cas de cofacteurs chimiques, à partir d'une
cellule pourrait être créé un mutant qui
sécréterait des petits ARNs, qui
transformeraient ensuite les souches sauvages de cette
cellule en un transformant ayant acquis les nouvelles
caractéristiques du mutant.[31]
Dans le cas de cellules
comme le VHB, ces ARNs proviendraient directement de
l'action de la RNase H. Ils pourraient peut être
provenir aussi, indirectement, de l'action de la
TdT. La TdT a en effet d'importantes
capacités pour induire des mutations : que ce soit
des délétions, des substitutions ponctuelles
ou l'adjonction de nucléosides riches en
guanine.[32] Bien que cette enzyme n'ait pas
été décrite au sein du VHB, nous
pensons qu'elle y est peut être présente, ainsi
qu'au sein du VIH. En effet, sa présence dans les
vaccins contre le VHB ne semble pas due à une
contamination. Mais surtout, les auteurs qui ont
démontré sa présence au niveau d'autres
rétrovirus, ont décrit plusieurs similitudes entre la TdT
et la reverse transcriptase et certains [33] en sont arrivés à la
conclusion que la reverse transcriptase serait en fait
responsable de l'activité de la TdT.**** Comme les enzymes
des rétrovirus et des Hépadnavirus sont
fortement liés au génome, la
démonstration expérimentale de l'existence de
la reverse transcriptase et de la RNase au sein du VHB, et
la détermination du gène les codant, se sont
heurtées pendant longtemps à des
difficultés techniques.[34] Cela pourrait expliquer aussi la
difficulté à mettre en évidence la TdT
au niveau du VHB. Une autre raison en serait que la TdT et
la reverse transcriptase agissent en compétition au niveau de leur substrat, et que
l'activité de la TdT ne pourrait s'exprimer que dans
certaines circonstances. Remarquons au passage que, si l'on
confirme la présence de TdT au sein du VIH, comme il
a été démontré que l'AZT (qui
agit au niveau du VIH en se substituant au substrat de la
reverse transcriptase) peut se substituer
expérimentalement au substrat de la TdT, cela
expliquerait les effets mutagènes possibles de l'AZT.
L'affinité préférentielle (?) de l'AZT
pour la reverse transcriptase du VIH favoriserait de plus,
indirectement, l'expression de la TdT en levant la
compétition entre ces deux enzymes.
Pour terminer, ces
considérations nous conduisent à formuler
certains axes de recherche en matière de
thérapeutique, que ce soit dans le domaine de la
cancérologie, ou des pathologies induites par les
rétrovirus.
Il importe, tout d'abord,
de cibler maintenant des molécules pouvant agir sur
les enzymes RNases H et TdT, sans pour autant que leur
action soit préjudiciable pour l'équilibre des
cellules. Une autre voie, beaucoup plus complexe, plus
onéreuse et périlleuse, consisterait à
cibler des molécules qui pourraient modifier de
façon bénéfique les
caractéristiques génétiques des
cellules cibles.
En matière
d'infection à VIH, ces nouvelles voies, et surtout la
première, nous paraissent prometteuses.
L'idéal serait d'agir directement sur le
génome du virus (ainsi que sur ceux d'autres germes
cofacteurs du VIH) avec des molécules qui bloquent
sélectivement la reverse transcriptase, la TdT et la
RNase H. Il conviendrait alors d'associer ces traitements
à ceux qui agissent sur d'autres cofacteurs du VIH,
et à ceux qui agissent directement sur le virus.
L'action directe sur le virus nécessiterait, soit
d'empêcher l'entrée du virus dans les cellules
cibles, soit de l'empêcher d'en sortir, soit de le
détruire, à condition que cette action ait
lieu au sein d'une cellule et que les produits de
dégradation du VIH ne quittent pas cette cellule ; et
donc, que cette cellule soit éliminée comme
telle.
Docteurs J.
Avicenne
Conseillers
médicaux de POSITIFS
Janvier
1995